Pour mon tout premier article, j’ai décidé de participer à l’événement « Les 3 livres qui ont changé ma vie » du site Des Livres pour changer de vie. Une façon de me motiver à commencer et éviter la procrastination ! Ce site regorge de livres alléchants dont certains me font de l’œil comme Le guide du perfectionniste pour lâcher prise.
J’ai choisi L’école de la liberté de Daniel Greenberg, Les mots sont des fenêtres de Marshall Rosenberg et Rompre avec soi-même de Joe Dispenza. Trois livres très différents. Et pourtant, je crois qu’ils m’ont tous appris à me demander : et s’il y avait une autre voie, plus douce, plus vivante, plus à l’écoute de nos besoins ?
Le premier m’a appris à faire confiance en la capacité innée d’apprendre des enfants. Le deuxième, à écouter à ce que je ressens vraiment. Le troisième… je ne l’ai même pas lu. Et pourtant, c’est peut-être celui qui a le plus changé ma vie. Je t’explique tout ça dans l’ordre où je les ai lus, et donc dans celui dans lequel ils ont changé ma vie. Je précise que je n’ai pas relu ces livres pour écrire cet article et mes souvenirs ne sont pas tous jeunes. Ce ne sont pas des résumés de contenu : j’y décris ce que j’en retiens plusieurs années après et l’impact qu’ils ont eu sur ma vie.
L’école de la liberté – Un modèle d’éducation autonome et démocratique de Daniel Greenberg
Ce livre-là m’a été prêté « de force » par Louis, un ami de passage pour quelques jours. Sa lecture l’avait marqué au point d’échafauder une stratégie pour que je le lise à mon tour. Louis a pris ma carte de bibliothèque, s’y est rendu, a emprunté « L’école de la liberté », et l’a laissé dans mon appartement avec le commentaire : « c’est pour toi ».
Évidemment, j’ai capitulé : je l’ai lu.
Ce que j’y ai découvert
Une idée qui allait bouleverser ma vision de l’éducation : et si les enfants n’avaient pas besoin qu’on leur enseigne pour apprendre ? Et si apprendre était déjà ce qu’ils faisaient naturellement tout le temps ?
Je dois préciser que lorsque j’ai lu ce livre en 2018, je n’avais pas d’enfant et je travaillais dans l’architecture. Je n’étais donc pas directement concernée par le sujet. Je pense que ça a été crucial : je n’avais aucune croyance particulière à défendre.
Quand on a dédié plusieurs dizaines d’années de vie, avec dévouement, à tenter de répondre à la question : « comment faire pour que mes élèves apprennent le mieux possible ? », cela doit être si douloureux qu’une partie de la réponse puisse être : en ne faisant rien. De même, pour un parent qui croit profondément que l’école est la meilleure voie pour son enfant, remettre cette idée en question peut donner l’impression que tout un édifice s’effondre.
Moi, je n’avais rien à perdre. Alors j’ai écouté.
Comment est-ce possible ?
Tout simplement parce que la motivation intrinsèque est le moteur le plus puissant des apprentissages.
Daniel Greenberg raconte l’histoire des quarante années de l’école Sudbury, une école où les enfants sont libres de choisir ce qu’ils font de leur temps. Ils peuvent participer aux activités proposées. Travailler sur leurs propres projets. Ou jouer. Toute la journée, s’iels le souhaitent. Même pendant des années.
Un exemple m’a particulièrement marquée. Dan a passé quatre années à pêcher toutes ses journées à l’école Sudbury. Rien d’autre ne l’intéressait alors. Puis, à 15 ans, il s’est passionné pour l’informatique. Un an plus tard, il était expert informatique dans une entreprise locale.

Ce que ce livre a changé dans ma vie
Ce livre a transformé ma vision des apprentissages. Il a contribué à forger la grande confiance que j’ai dans les capacités des enfants et plus globalement des humains à apprendre lorsque c’est le bon moment pour elleux. Cette certitude a une grande influence sur ma posture de professionnelle, de mère et d’être humain.
En tant que professionnelle, lorsque je suis confrontée à un enfant qui refuse d’apprendre, je ne cherche pas comment l’y contraindre. Je cherche comment je peux aider ses parents à retrouver la confiance.
En tant que mère, mes enfants n’iront pas à l’école tant qu’iels n’en ont pas éprouvé elleux-mêmes l’envie. Et je ne les forcerai jamais à apprendre quelque chose simplement parce que j’ai décidé que c’était le moment. C’est une philosophie qui porte également le nom d’unschooling, et j’y reviendrai souvent sur ce site tant elle est centrale dans ma vie.
Ce livre m’a aussi fait regarder ma propre histoire autrement. Pendant longtemps, j’ai cru que j’étais bonne élève parce que j’avais compris comment apprendre par cœur et réciter rapidement, mais que je ne savais pas retenir sur le long terme. Avec ce livre, j’ai compris quelque chose d’important : je n’étais peut-être pas une mauvaise apprenante. J’avais simplement appris à associer l’apprentissage à la contrainte. Et c’est cela qui m’empêchait de retenir les choses en profondeur. Cette distinction a changé ma manière de me regarder. Ma capacité d’apprendre était toujours là. Elle avait seulement été abîmée.
Les écoles démocratiques continuent d’être une grande source d’inspiration pour moi. En 2025, j’ai passé un mois et demi en observation à l’école Noèsis en Bretagne. Et je vis aujourd’hui à Bloom Hills, un lieu collectif où résident une quinzaine de familles qui aspirent à créer un village inspiré des principes des écoles démocratiques.
Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) – Introduction à la Communication Non-Violente de Marshall Rosenberg
C’est dans ce livre que j’ai découvert la Communication Non-Violente.
J’ai trouvé ce livre d’une clarté incroyable. L’organisation qui suit les principes de la CNV permet de s’y retrouver et de mémoriser facilement ces derniers. Et l’alternance entre les explications et exemples a donné tout son pouvoir à ma lecture. Parfois, je ne saisissais pas tout à fait pourquoi l’auteur soutenait que telle façon de s’exprimer n’était pas au service de la relation. L’exemple qui était choisi ensuite m’a souvent permis de réaliser à quel point c’était pertinent.
Mais au fait, c’est quoi la Communication Non-Violente ?
Marshall Rosenberg la définit au début de son ouvrage ainsi :
« un mode de communication – d’expression et d’écoute – qui favorise l’élan du cœur et nous relie à nous-même et aux autres, laissant libre cours à notre bienveillance naturelle. »
Ce processus se déroule en quatre étapes : observations, sentiments, besoins et demandes.
Simple sur le papier. En réalité, c’est le travail d’une vie.
Ce que ça a changé dans ma vie
J’ai tellement été fascinée par ce livre que je me suis inscrite à un premier module de CNV. Puis un deuxième. Puis un troisième. Aujourd’hui j’aspire à en faire un chaque année.
J’y ai appris à avoir beaucoup plus de clarté sur ce qui se passe en moi et pouvoir l’exprimer avec finesse. Mais elle ne m’a certainement pas transformée en personne parfaitement calme et douce.
Il m’arrive toujours de râler sur Morgan. En « mode chacal », comme dirait Marshall Rosenberg. La différence, c’est qu’aujourd’hui nous savons le reconnaître. Parfois, au milieu d’une dispute, l’un de nous finit par dire : « Là, tu me donnes un conseil non sollicité et j’en suis agacée. » Ce genre de phrase suffit à nous faire prendre de la distance. La tension baisse. Et nous pouvons recommencer à nous écouter. La CNV ne m’a pas appris à ne plus jamais être en conflit. Elle m’a appris à retrouver la connexion quand le conflit nous en éloigne.
J’ai également développé mes capacités d’écoute grâce à la CNV, et elles ont bien sur continué de s’aiguiser lors de ma formation avec Catherine Dumonteil-Kremer.
J’aime beaucoup observer ce qui se passe lorsque je passe du mode chacal au mode girafe. Bien souvent, je sens la détente arriver chez mon interlocuteurice.
Et puis il y a les demandes… Avant, je n’osais presque jamais demander quoi que ce soit qui sorte des conventions sociales. J’essayais d’anticiper la réponse. De deviner ce que l’autre allait penser. De ne surtout pas déranger. Aujourd’hui, je sais que je peux demander. Et que l’autre peut dire non. Cela peut sembler banal. Pour moi, c’est acquérir un pouvoir d’action délicieux sur ma vie.
Rompre avec soi-même – Pour se créer à nouveau de Joe Dispenza
Soyons clair·es dès le début : je n’ai pas lu ce livre.
Morgan, la formidable personne qui partage mon quotidien, l’a écouté en audiobook peu après la naissance de notre fille. Il m’en a raconté le contenu au fur et à mesure de son écoute, et j’ai moi-même écouté quelques passages qu’il trouvait particulièrement éloquents.
Ce n’est donc pas directement le livre de Joe Dispenza qui a changé ma vie, mais ce qu’en a compris Morgan.
Ce que j’en retiens
Je dois faire ici une précision importante : ce que je vais raconter correspond à ce que j’ai compris du livre et à ce que j’en ai fait. Ce n’est pas une démonstration scientifique de ses théories. Je ne prétends pas avoir compris la physique quantique. Je ne sais pas si les « manifestations » fonctionnent réellement comme Joe Dispenza le décrit. En revanche, certaines idées ont suffi à transformer ma manière d’envisager ce qui était possible dans ma vie.
Voici un résumé – pas du tout rigoureux, vous l’avez compris – de la thèse de l’auteur.
En physique quantique, une particule peut être décrite comme un ensemble de possibilités avant qu’une mesure ne détermine un résultat. La science a démontré que l’acte d’observer une particule aurait une influence sur laquelle de ces possibilités se manifeste. Dispenza transpose cette idée à la réalité toute entière, en parlant d’un champ quantique contenant une infinité de possibilités. Selon lui, l’attention et l’intention dirigées vers une possibilité particulière pourraient influencer le résultat qui se matérialise. Les pensées et les émotions seraient alors considérées comme des formes d’énergie et d’information susceptibles d’interagir avec le champ quantique. Un état de pensée et d’émotion cohérent et élevé fonctionnerait comme un signal, orientant ce qui se manifeste dans notre réalité. Autrement dit, nos pensées et émotions peuvent influencer la réalité qui nous entoure.
Au moment où Morgan m’a raconté ça, j’étais comme vous : dubitative.
Puis, une phrase m’a interpellée :
« Nous ne devrions jamais attendre que la science nous donne la permission de faire ce qui n’est pas habituel. Si nous avons cette attitude, nous faisons d’elle une religion. »
Après tout, il avait raison : pourquoi ne pas essayer ? Je n’avais rien à perdre, alors j’ai tenté.
Un exemple de ce qui m’est arrivé en essayant de « manifester »
Après un hiver entier passé en caravane avec deux enfants, dont une nouvelle-née, il y avait une chose que je voulais plus que tout pour l’hiver suivant : ne plus avoir froid. Je fermais les yeux et j’imaginais un poêle à bois efficace, une chaleur douce et enveloppante.
Quelques temps plus tard, on nous a proposé de visiter une yourte. On n’a jamais cherché à en acheter une : on n’avait pas les fonds, ce n’était pas la peine de regarder. On pousse la porte, et c’est évident qu’elle est pour nous : la vue, la luminosité, et surtout un poêle de masse en terre crue de plusieurs mètres de long. On décide de l’acheter. Sauf qu’il nous manque plus de 80% de la somme.
On négocie un paiement en trois fois sur un an avec les vendeuses. Et la même année — la même année — ma mère décide, sans qu’on ne lui ait rien demandé, de nous faire une donation, à ma sœur et moi, du montant qu’il nous manquait – à un millier d’euros près. Elle qui était pourtant jeune et en bonne santé, qui n’avait jamais fait de don de cette ampleur avant, et qui n’en referait probablement jamais, parce que ça représentait toutes ses économies. On a passé cet hiver-là sans avoir jamais froid, pour trente euros de chutes de bois de scierie.
Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Peut-être que le fait de formuler clairement mes envies m’a permis de mieux repérer les opportunités. Peut-être que la visualisation a changé ma manière de regarder le monde. Peut-être qu’une partie de tout cela relève simplement du hasard.

Comment je fais alors pour « manifester » ?
On doit d’abord avoir une idée claire sur ce que l’on souhaite. Par exemple, passer l’hiver dans un habitat bien chauffé. Ensuite, on s’installe au calme, on ferme les yeux, et on laisse de côté l’espace et le temps qui nous entourent. On ne pense plus au salon dans lequel on est assis, ni à l’heure qu’il est. On se met alors à ressentir ce souhait comme s’il était déjà là. Pas à se le décrire mentalement — à le vivre dans le corps. Dans mon exemple : la chaleur qui enveloppe la peau, le crépitement du feu, sa lumière douce qui se diffuse dans la pièce, le sentiment de sécurité pour mes enfants qui dorment au chaud à côté. On reste dans cet état le plus longtemps possible, jusqu’à ce que le rêve semble aussi réel que le sol sous nos pieds. Le plus important : ne pas s’attarder sur le comment ce rêve peut devenir réalité. Ce qui compte, c’est qu’il soit réel dans notre tête, notre cœur et notre corps pendant un instant. Si on sent qu’une partie de nous n’y croit pas et résiste, cela ne peut pas fonctionner. Il faut ressortir de cet état transformé, convaincu de vivre déjà ce rêve. Dans mon cas, je n’ai plus eu besoin de chercher de logement. Je savais, avec une tranquillité étrange, qu’il m’attendait déjà quelque part.
Pour conclure
Ces trois livres parlent de choses très différentes : l’éducation, la communication, la transformation personnelle.
Et pourtant, ils m’ont tous appris la même chose : je n’ai pas à prendre pour acquis la manière dont on m’a appris à vivre. Je peux écouter mes besoins et ceux des membres de ma famille. Chercher d’autres façons de vivre ensemble. Avoir confiance en la vie.
Et surtout, commencer par poser cette question : et si on pouvait faire autrement ?
C’est probablement la question qui a le plus changé ma vie. Et c’est précisément la question que j’ai envie d’explorer sur ce site, avec vous.
Et vous, quels sont les livres qui vous ont marqués au point de changer votre vie ?
Écrivez-moi votre réponse en commentaire.


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